Voici un texte de ma plume et publié sur mon blog
pandoreweb
Daccord ? Pas daccord ? débattons puisque personne ne le fait !
La Démocratie participative.
Le régime politique français, républicain et démocratique, semi-présidentiel, a été initié au 19ème siècle.
Il est le fruit d’une histoire politique, philosophique et scientifique.
Cette Histoire a aboutit à l’Etat de Droit, instituant le Droit comme science humaine objectivante, par défaut d’objectivité.
En effet, que ce soit sous la forme de Loi votée par les parlementaires après débats contradictoires, ou de règlement pris par l’exécutif de l’Etat, le Droit positif est la norme de la société, il s’impose à tous. « Nul n’est censé ignorer la Loi. »
La volonté et l’idéologie révolutionnaires de 1789 sacralisaient la Loi parlementaire comme l’expression du peuple au travers de ses représentants, donnait au Droit sa légitimité et sa raison d’être.
La pratique des diverses tentatives républicaines françaises a conduit l’actuelle 5ème République à une conception centraliste, présidentielle et personnelle du pouvoir démocratique. Ceci se traduit par la concentration des pouvoirs aux mains du pouvoir exécutif, notamment via le pouvoir réglementaire. Ce dernier est devenu non seulement la condition sine qua non à l’application de toute loi votée par le parlement, mais également un moyen simple, rapide et efficace pour le gouvernement d’agir.
La nature totalitaire car absolue de ce régime politique est claire : le gouvernement propose les lois en tant que tel ou par l’intermédiaire des représentants de sa majorité partisane, applique ces mêmes lois et prend également les décisions réglementaires selon l’urgence de leur nécessité.
Mon propos n’est pas de critiquer aveuglément cette nature.
En effet, la 5ème République a été constituée dans un contexte de Guerre Mondiale, d’invasion de la France et de discrédit de L’Etat.
Les constituants de 1958 avaient à cœur d’assurer la stabilité du fonctionnement étatique, ce en quoi ils ont réussi.
Nous avons le devoir de reconnaître cet héritage. Ce serait folie de renier tous les acquis du Droit français depuis la Révolution, car malgré de nombreux biais et déviances, notre pays est une nation libre, dont le patrimoine culturel imprégné des droits de l’Homme et du Citoyen rayonne encore aujourd’hui sur toute la planète.
Non, mon propos, ici, est d’examiner avec un esprit de critique, de remise en question, de rationalité et d’innovation cette science qu’on appelle le Droit.
A cette fin, une première partie verra l’étude des fondements historiques du Droit positif français (I), pour en extraire les principes philosophiques (A), ainsi que les différents biais et déviances constatés dans la pratique des régimes politiques français (B). Une seconde partie tentera de proposer des pistes à suivre pour les prochains siècles (II), en initiant une réflexion sur la nature du pouvoir étatique (A), puis en présentant des applications pratiques à cette réflexion (B).
I) Fondements historiques.
Il s’agit de déterminer dans quelles mesures le Droit en tant que science a évolué (A), puis d’évaluer les tempéraments à cette évolution, dégagés par la pratique constitutionnelle des régimes français (B).
A) Principes philosophiques.
Le Droit est une Histoire, un sens, une évolution. Le Droit positif est marqué par une légitimation philosophique élaborée au cours du 19ème siècle.
- Le Droit est une science.
En ce 21ème siècle, la tendance générale des sociétés occidentales est à un discrédit des sciences humaines au profit des sciences dites « dures » (mathématiques, physique, …), au motif de leur absence d’objectivité.
Ce scientisme n’est pas récent, il est directement affilié au siècle des lumières, car c’est précisément à ce moment que les sciences, toutes catégories confondues, se sont développées en tant que telles et ont marqué de leur sceau la planète entière.
La Science, expression de la Raison, chère à Aristote, s’est ainsi peu à peu imposée sous la forme d’un dogmatisme sans limites, et souvent paradoxalement irrationnel.
Cependant, dans la lignée d’Aristote et de Descartes, le discours rationnel est déterminé par ses caractères de cohérence et de causalité. Parfois à tort, mais cela a permis aux sciences humaines d’accéder au statut scientifique, de par l’indéniable cohérence des explications causales et notamment historiques qu’elles proposaient.
De plus, les sciences dures ne sont pas à même de proposer autre chose que des modèles évoluant avec les découvertes des chercheurs.
Or l’Etat de Droit a besoin de stabilité et donc de volonté politique humaine.
Le Droit n’est pas objectif et n’a pas vocation à l’être.
Il est positif. C’est un moyen de structurer la société en lui fixant des cadres normatifs.
Le Droit a une force objectivante, car il écrit lui-même l’Histoire.
Par exemple, le traité de Rome instituant la communauté de libre-échange européenne montre bien que ce regroupement de normes est le résultat de l’addition de volontés politiques, d’évolutions historiques et de sciences administratives, par son seul nom, « Traité de Rome ».
- Le centralisme étatique est la condition de la stabilité.
Les constituants révolutionnaires de 1789 se sont efforcés de maintenir les acquis de l’Ancien Régime, tout en rénovant complètement les institutions.
En effet, le régime monarchique, malgré ses défauts, n’en a pas moins créé et inventé la notion d’Etat. La France, bien avant le X ème siècle, était féodale. C’était un système d’allégeance des vassaux aux suzerains, probablement issu de la domination militaire de certaines tribus, prolongée par la tradition et le Droit oral.
La volonté du Roi de Paris, et plus particulièrement des capétiens, à partir du 12ème siècle, d’utiliser le Droit féodal afin d’obtenir l’allégeance des seigneurs concurrents et d’unifier le territoire français, ne s’est concrétisée que bien longtemps après. Il a pour ceci fallu que patiemment et inexorablement les monarques parisiens ou versaillais annexent les territoires français, parcelle après parcelle. Le régime absolutiste de Louis XIV est sans doute l’expression la plus symbolique d’un Etat français unifié par le sol, la tradition, la culture, la monnaie et un même Droit s’appliquant à tous les français.
Lorsque les constituants du 19ème siècle réforment l’Etat, ils ne peuvent remettre en cause cet héritage, car il est la seule condition de l’existence même de l’Etat français. Ils remettent en cause la légitimité du Roi absolu de Droit divin, mais pas l’étendue de son pouvoir, car ce même pouvoir, ils le veulent pour eux-mêmes. C’est pourquoi le régime démocratique français est, dans son essence, le résultat d’un compromis entre la réalité historique et les besoins d’évolution et de progrès d’un 19ème siècle résolument scientifique et rationnel.
Certes, dés 1789, la décentralisation était avancée par certains clubs parlementaires, mais ils furent sévèrement anéantis par la politique de Terreur de Danton et Robespierre, dans l’objectif de maintenir la stabilité étatique par l’affirmation d’un pouvoir central fort et résolu.
Du reste, des expériences ont été tentées par la suite, comme la Commune de Paris de 1871, mais elle s’est soldée en définitive par beaucoup d’instabilité, caractérisée par une répression féroce.
La décentralisation est aujourd’hui inscrite dans la constitution, mais elle manque cruellement de moyens, et ses prérogatives sont encore extrêmement limitées, car les moyens sont alloués par le pouvoir central étatique, tout comme les domaines de compétences sont déterminés par ce même Etat central. Cet Etat fort, puissant, absolu a été voulu par De Gaulle pour préserver la France de l’anarchie et favoriser les conditions de la reconstruction d’un Etat en ruine après le passage d’Hitler.
- La souveraineté est la propriété de la Nation, représentée par ses élus.
Le siècle des lumières, tout en respectant son héritage humain, philosophique, politique et historique, a su éclairer la société de connaissances et de savoirs portés vers les sciences, le progrès et le futur.
En ce qui concerne le Droit, l’avancée la plus conséquente sur un plan philosophique est sans aucun doute l’affirmation des Droits de l’Homme. En effet, cette notion a ouvert un champ dont nous ne voyons toujours pas le bout. Il s’agit d’ancrer la société française dans le respect de la condition humaine, l’égalité et la fraternité des différents peuples, communautés, sexes et minorités. Il reste tant à accomplir.
Cependant, force est de constater que les quelques pas accomplis depuis la Révolution ne sont pas négligeables.
En effet, si je suis libre d’écrire à ce sujet, c’est uniquement parce que quelque chose a radicalement changé. L’Ancien Régime ne tolérait aucune critique et jetais en prison tous nos esprits forts.
De même, la propriété privée en tant que concept a été l’une des premières libertés assumées par les bourgeois révolutionnaires, car l’Ancien Régime était sur ce point encore très influencé par la féodalité. Les cerfs ne possédaient pas leurs terres, ils les cultivaient pour les seigneurs sans aucun salaire.
D’un point de vue plus institutionnel, la séparation des pouvoirs de Montesquieu est également fondamentale. Ce principe n’est plus aujourd’hui respecté à la lettre par aucun Etat, pas même les Etats-Unis, pourtant dotés d’un régime présidentiel, en raison de ce que l’on appelle les « checks and balances », les « freins et contrepoids », qui permettent la concentration des pouvoirs nécessaire à la force d’action de l’Etat central, et donc à sa stabilité. Ces « freins et contrepoids » organisent la coopération des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. On parle par exemple de coopération rationalisée en Allemagne, car la Loi elle-même prévoit ces coopérations.
Cela dit, la séparation des pouvoirs a induit historiquement l’exercice de ces pouvoirs étatiques par des individus et des organismes distincts.
Même si le pouvoir législatif du parlement français est aujourd’hui largement inféodé au pouvoir exécutif, l’institution a le mérite d’exister et débat toujours, dans une faible mesure, les lois françaises.
Il est en revanche remarquable d’observer que le pouvoir judiciaire est beaucoup plus indépendant par rapport à l’Ancien Régime depuis la Révolution. Pour preuve, les hommes politiques actuels sont souvent inquiétés par des juges qui résistent, mais semblent progressivement perdre leur influence au profit des médias.
Enfin, le contrat social de Rousseau a marqué la naissance de la démocratie représentative et nationale, à défaut d’être participative et populaire. La souveraineté n’appartient plus au Roi par une légitimité divine mais à la Nation, par une légitimité contractuelle.
Désormais, les tenants du pouvoir étatique sont élus pour une durée de temps limitée (Napoléon demeurant l’exception qui confirme la règle, puisqu’il a été élu à vie). Progressivement, le suffrage est devenu universel, les femmes y ont été admises, de même que toutes les minorités justifiant d’une Nationalité française.
L’élection gaulliste du Président de la République française au suffrage universel a été un grand pas, car en légitimant ainsi le pouvoir exécutif, le peuple participe au pouvoir tout en appuyant la stabilité de l’Etat, ce qui est rarissime.
Toutefois, ces principes théoriques connaissent, dans l’exercice pratique du pouvoir étatique, des biais et des déviances, que la partie suivante se donne pour objet.
B) Biais et déviances des régimes français.
La société française est victime de procédés frauduleux, utilisés par une élite à des fins individuelles, mettant en péril l’équilibre, l’harmonie et la stabilité de la République.
- Totalitarisme dogmatique et sectaire.
Toute science est relative au contexte historique et social dans lequel elle se développe.
Ainsi, les modèles mathématiques sont remis en question et évalués par la communauté scientifique dés que leurs inventeurs défendent ces modèles. La recherche scientifique s’inscrit donc dans une démarche de questionnement, de doute et d’humilité.
Or le Droit, en tant que science, n’accepte pas les remises en question, ou très difficilement. Aucun organe n’est prévu par la constitution pour cette tâche de remise en question évolutive, générale et globale du système étatique.
Au contraire, les tenants du pouvoir étatique s’abritent derrière l’obscurantisme, ou pire encore, la démagogie.
Les hommes politiques sont devenus des professionnels de la communication et des réseaux. Ils n’ont plus aucune démarche scientifique dans la conduite des affaires de l’Etat.
Pour s’en convaincre, il suffit d’observer leurs récents travaux. Les textes législatifs et réglementaires présentent une qualité de moins en moins bonne. Non seulement les qualités de rédaction et de <myspace>
style</myspace> en sont absentes, mais en plus les textes s’accumulent dans des volumes de plus en plus importants, sans aucune rationalisation des flux.
Les dirigeants se contentent de réformes à leur nom sans aucun lien avec les travaux des précédents gouvernements. Notre siècle est le témoin d’une inflation normative gravissime. En effet, « Nul n’est censé ignorer la Loi », mais personne ne peut objectivement la connaître dans son ensemble, car la multiplication des textes est trop largement supérieure à la qualité des moyens d’information des citoyens en terme d’intégration individuelle.
Par ailleurs, les textes normatifs font de moins en moins appel au contexte historique, social et idéologique dans lequel ils ont été édictés. La doctrine en tant que source subsidiaire du Droit s’amenuise tant et tant qu’elle disparaît quasiment. Les Lois et les règlements sont devenus des solutions pratiques à des problématiques politico-médiatiques superficielles. Ce n’est plus du Droit.
La France va droit dans le mur si elle ne rationalise pas son rapport à la science et aux flux d’information.
Que dire d’une science qui accumule des textes ineptes sans aucun sens idéologique ni doctrinal ?
L’ultra-spécialisation du Droit a pour conséquence la spécialisation des personnes chargées de le comprendre, de l’appliquer et de le créer. C’est un cercle vicieux dans lequel chaque domaine du Droit a ses propres spécialistes, limités à un cadre spécifique, si bien qu’ils en deviennent indispensables au bon fonctionnement du système dans leurs composantes individuelles, dogmatiques et sectaires.
- Obsolescence du cadre national.
Le 21ème siècle est l’objet d’une transformation majeure des sociétés humaines : la mondialisation.
Ainsi, tout devient global : les armements, les échanges commerciaux, les services, les échanges financiers, les monnaies, les flux migratoires, le tourisme, les accords politiques, les regroupements d’Etats, les flux informatifs et culturels, les thématiques scientifiques de recherche, le Droit, ...
Tout va dans le sens d’une échelle planétaire et non plus nationale.
L’arme atomique a donné à ses détenteurs la position de policiers du Monde. Ils sont devenus si puissants que l’arsenal de ces pays sert uniquement à dissuader les autres de protester.
Le premier outil de puissance étatique est devenu l’économie de marché. Un Marché planétaire, dont les flux financiers circulent sans aucun contrôle des Etats.
Les nations sont dépassées, il est temps de passer à autre chose.
C’est tellement évident que depuis longtemps déjà, les multinationales font la pluie et le beau temps des assemblées parlementaires, via un lobbying écrasant toute forme de débat contradictoire.
De plus, les politiques ne sont pas en reste, puisqu’ils sont réunis en sociétés secrètes comme la Franc-maçonnerie, dont les échelons les plus élevés sont internationaux. Ces réseaux élitistes dirigent le monde. Ainsi, nos dirigeants participent régulièrement à des conférences secrètes internationales, dans lesquelles les grands thèmes politiques sont débattus, votés et donnent donc lieu à des décisions sans aucun contrôle ni de la justice, ni des médias, ni des parlementaires, ni des citoyens.
Le Droit français est impuissant face à ces logiques internationales qui présentent de grands risques d’instabilité puisque le contrat social est rompu.
Le Droit se contente de son petit cadre national dans l’hypocrisie générale. La France n’est pas la seule en cause, d’ailleurs, puisque même l’ONU n’a rien pu faire pour empêcher l’organisation du 11 Septembre par le gouvernement des Etats-Unis et toutes ses conséquences, qui se déroulent encore aujourd’hui.
Le Droit international est bloqué à ses balbutiements depuis plusieurs décennies, de même que l’Europe peine à se construire une identité juridique. Au lieu de consacrer toute son énergie à ces problématiques essentielles à la survie de l’Etat de Droit face au corporatisme sectaire international, le Droit français se contente de questions superficielles et médiatiques. Il ne s’agit pas de renoncer à notre identité nationale, mais bien de construire un Droit international qui respecte cette identité. Cela fait des siècles que l’on parle de la confédération européenne qui nous donnerait une crédibilité internationale tout en respectant nos particularités nationales. Qu’attendons nous ?
- Echec du contrat social.
L’échec du contrat social est manifeste. La société est divisée en classes sociales, les plus riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Le libéralisme fait figure d’idéologie dominante alors que la grande majorité des individus ont des revenus modestes et sont favorables aux politiques sociales.
Les débats contradictoires ont disparu des assemblées dans une logique partisane. Les députés sont désormais tenus par une discipline impliquant des votes collectifs et non plus individuels.
Les représentants de la Nation ne représentent plus que des intérêts internationaux et individualistes. A chaque élection, c’est la même supercherie. Les candidats multiplient les promesses qu’ils ne peuvent pas tenir et qui portent toutes sur des thèmes accessoires, laissant l’essentiel aux initiés, alors qu’ils sont tous eux-mêmes issus de ces mêmes milieux et réseaux d’initiés.
Le peuple n’est pas dupe, il vote de moins en moins et de plus en plus pour les extrêmes. Il ne fait pas confiance à ses dirigeants qu’il sait corrompus par pots de vins, marchés publics et autres commissions.
Le peuple est trompé, manipulé et abruti par les médias.
Justement, le rôle des médias devient de plus en plus préoccupant.
Intimement liés aux réseaux et milieux politiques, ils se font le relais des dogmes et des manipulations. Les foyers sont terrorisés par des images de violence et d’insécurité absorbant plusieurs heures par jour de leur temps. On les maintient dans un état de peur constante en leur présentant les coupables idéaux : les étrangers. Ceci alors même que l’immigration est la conséquence de la politique coloniale française et européenne sous l’Ancien Régime, qui a organisé le pillage des pays pauvres d’aujourd’hui qui, à l’époque, étaient fort riches. La richesse des pays occidentaux est la cause directe de la misère des pays pauvres. Après, les médias occidentaux s’étonnent de voir des enfants analphabètes, conditionnés par l’intégrisme religieux et affamés frapper à notre porte !
Les médias conditionnent le peuple à avoir peur de l’étranger, ce qui a pour résultat son repliement sur lui-même et son inertie.
En sélectionnant l’information diffusée, ils tentent de conditionner l’opinion.
Les sondages, instigateurs d’une démocratie d’opinion, cantonnent les hommes politiques à leur dernier pouvoir : réguler le taux de mécontentement, jusqu’à ce qu’ils échouent, une fois de plus.
Toutes les conditions de l’instabilité sont réunies : Obscurantisme, irrationalité, éclatement de l’Etat de Droit, absence de participation du peuple au pouvoir, mécontentement croissant.
Je suis formel, les acquis démocratiques ne sont pas suffisants pour aveugler éternellement un peuple dont les enfants sont de plus en plus cultivés et informés, malgré le conditionnement. Un jour ou l’autre, la situation déjà explosive deviendra incontrôlable. La colère et la rage prendront la place de la peur et de l’ignorance.
Oui, mais ce jour là, que ferons nous ?
II) Espoirs et pistes pour les générations futures.
Pour aller de l’avant, vers le progrès et le bonheur, tout en conservant les acquis du passé, nos enfants devront suivre un mince fil rouge : celui de l’évolution historique de la science, dans un aspect théorique et conceptuel d’une part (A), puis dans une application pratique d’autre part (B).
A) Le Droit et les théories de l’information.
Nous avons vu précédemment les principes philosophiques sur lesquels s’appuie le Droit positif. Il est vraiment consternant de constater que tous ces apports théoriques se limitent, dans leur large majorité, au 19ème siècle. Comme si la philosophie avait stoppé net sa course à cette époque. Or, nouvelles technologies, psychologie et philosophie sont aujourd’hui étroitement imbriquées et connaissent un développement fulgurant.
- Modélisation.
Le droit positif, en tant que science, est un modèle théorique. Cette théorie s’inscrit dans un contexte social, historique et politique. Elle fournit un cadre de structuration et d’organisation des institutions étatiques.
Or le contexte évolue avec le temps, de plus en plus rapidement, en fonction des avancées scientifiques, sociales et médiatiques. Pourquoi le Droit positif est il resté bloqué au 19ème siècle ? Il avait pourtant les moyens technologiques, financiers, cognitifs et philosophiques à cette nécessaire adaptation des institutions à leur propre temps.
Certains avanceront qu’il n’en avait pas les moyens humains.
D’autres encore prétendront que le Droit doit guider les citoyens car il est l’expression d’une volonté politique et ne doit pas suivre aveuglément les modes médiatiques sociales.
Il semblerait qu’au contraire de guider les citoyens, le Droit se soit efforcé de maintenir un immobilisme forcené. Les hommes politiques ont tout fait pour ralentir le mouvement pour ne pas déplaire aux enquêtes d’opinion. Nous avons deux siècles de retard.
Cependant, sur cette Terre, c’est la loi de sélection naturelle qui prévaut. « Soit tu marches, soit tu crèves. »
Le 20ème siècle a bien marché, mais il semble à l’agonie. Tâtonnante en ce début de 21ème siècle, notre civilisation paraît en fin de vie. Après tout, Rome est tombée, avant elle bien d’autres, et après elle d’autres encore.
Ce blocage évolutif du Droit est à mon avis caractéristique des limites de notre civilisation, dont l’inhumanité n’a jamais été égalée auparavant. Nos gouvernants, sentant le vent tourner, se prévalent déjà d’un « Nouvel Ordre Mondial ». Mais que savent ils vraiment des forces en jeu ? Leur pouvoir économique chancelle sous les coups de butoir de la Chine, de l’Inde et de l’Amérique du Sud, surpeuplées. Leur pouvoir pétrolier se morcelle de lui-même sous l’influence des nouvelles énergies, moins polluantes et plus efficaces. Ce « Nouvel Ordre », ce nouveau modèle étatique, en seront-ils ? J’en doute.
En tout cas, nous pouvons leur faire confiance pour rendre cela le plus lent et douloureux possible.
Quels sont ces développements philosophiques, que notre civilisation a échoué à appliquer au Droit ?
Ils sont très larges. Ils concernent le rôle des médias, et notamment Internet. La notion centrale est celle d’Information. Il s’agit d’un modèle scientifique dans lequel l’être humain est un canal de réception d’informations. Ces informations s’organisent en flux et transitent selon des structures et des formes isomorphes. Le rôle des nouvelles technologies et des médias est d’organiser et de coordonner ces flux en fonction des récepteurs et des émetteurs.
A ces données, s’ajoutent celles d’une spiritualité et d’une conception de l’individualité radicalement différentes de l’Occident tel que nous le connaissons.
- Emergence d’un Nouvel Ordre Mondial.
L’échec de la civilisation occidentale est marqué par l’échec de son Droit. En effet, le Droit positif n’a pas su, d’une part se doter des infrastructures technologiques indispensables à l’éradication du support papier et à l’optimisation des infrastructures administratives, et d’autre part, rationaliser les flux d’informations juridiques de façon à ce que leur contenu soit cohérent dans son ensemble doctrinal et formel avec les capacités d’intégrations de l’information par les individus.
L’apparition d’un cadre Super-étatique international s’en retrouve stoppée net, confrontée à une multitude de Droits nationaux sans cohérence inter-étatique.
Plus généralement, il s’agit de considérer l’information véhiculée par les médias, non plus comme un divertissement favorable à la baisse du taux de mécontentement, mais bien comme une source du Droit lui-même.
Puisque la concentration des pouvoirs étatiques induit structurellement le conditionnement médiatique des citoyens, comment différencier dés lors l’information juridique de l’Information tout court ?
Elles présentent le même caractère objectivant, la même organisation hiérarchique.
L’Information vient du haut et établit le dogme dominant.
Ceci paraît complètement déshumaniser la société humaine et présenter de graves dangers totalitaires. C’est un fait.
Ce qui me permet d’espérer, c’est que la conscience humaine va dans le sens opposé de l’individualisme, et que ce sens est dominant dans toutes les sphères qui échappent à l’impérialisme occidental. En effet, si le mécontentement des individus n’est plus contenu par le divertissement, puisque ce dernier n’existe plus en tant que tel, mais en tant que source du Droit, comment limiter les effets dévastateurs de cette absence ?
Cette absence serait compensée par la structure même des réseaux reliant les humains les uns aux autres.
Car dans ces réseaux, ils ne feraient plus qu’un. Ils seraient libres de se divertir les uns les autres, sans aucune nécessité de contrôle ni de répression, puisque les audiences sélectionneraient d’elles mêmes les contenus majoritairement diffusés. Tous les contenus seraient diffusés, même s’ils ne seraient que minoritaires.
La liberté serait totale. Tout serait quantifié, évalué, étudié, mais aucune restriction de principe ne serait imposée.
La difficulté principale apparaît immédiatement dans les interfaces homme-machine. Pouvons nous vivre ainsi, connectés au réseau, sans possibilité d’en sortir ?
Ce serait sous-estimer les potentialités des nanotechnologies dans leur application aux interfaces. De même, imaginer une action psycho-active de ces technologies, par une analogie avec les drogues hallucinogènes, ouvre un champ énorme.
Nous ne serions à priori pas contraints de rester devant un écran.
- Un réseau utopique.
Si l’on imagine un monde dans lequel chacun dispose d’implants lui permettant de se connecter à volonté depuis n’importe quel endroit à un espace de liberté totale, dans lequel tous ses sens seraient immergés dans des impressions indiscernables du réel.
Si l’on imagine que l’individualité soit également respectée par un tel système, qui dépendrait du bonheur et du contentement de ses membres, qui pourraient se déconnecter à volonté.
Si l’on imagine que ce réseau soit accessible à tous les humains à une échelle mondiale, sans distinctions sociales.
Si l’on imagine que la seule hiérarchie dogmatique envisageable soit une hiérarchie librement consentie.
Alors, pour un tel système, la démocratie participative serait la condition sine qua non de son existence.
Les citoyens du Monde participeraient tous individuellement à l’algorithme du dogme. Ceux qui en ressentiraient l’envie pourraient à loisir créer un contenu culturel individuel et le diffuser via le réseau à tous ceux qui seraient susceptibles d’être intéressés par sa consultation.
Les créations collectives seraient florissantes, et seraient basées sur un débat contradictoire.
Tout le savoir et les connaissances qui circuleraient seraient imprégnées de l’Histoire humaine, dans le respect du patrimoine que nous les ancêtres, aurions transmis à ces générations.
Les créateurs rencontrant le plus de succès seraient élus par la communauté de fait, et on leur confierait des responsabilités dans la mesure de leur domaine de compétence.
La création aurait un sens non seulement culturel et scientifique, mais également social et juridique.
La croyance et la Foi ne seraient pas collectives. Chacun élaborerait son propre système d’interprétation du réel en fonction de ses propres expériences cybernétiques et réelles.
Des espaces spéciaux seraient prévus pour assouvir nos pulsions criminelles et guerrières, avec un suivi psychologique pour prévenir les addictions et les déviances trop marquées.
De même, tous les fantasmes humains seraient réalisables pour un temps limité dans ces espaces sensoriels. Tout un chacun pourrait s’envoler dans les airs, pratiquer la télékinésie ou s’envoyer en l’air avec les personnes de son choix.
Il n’y aurait pas de secrets ni de limites à la connaissance. Il suffirait de poser la question pour en obtenir la réponse.
Le monde réel en serait radicalement changé, n’est ce pas ?
Nous ne saurions plus distinguer ce qui est réel de ce qui ne l’est pas.
Chaque nuit, je me connecte sur ce réseau, et parfois il y a une persistance diurne. Vous êtes étonnés ? Mon utopie est pourtant banale. Attendez de lire la suite.
B) Applications pratiques.
Cette dernière partie va tenter, à partir des moyens technologiques actuels, d’envisager un mode de fonctionnement étatique qui soit réellement démocratique, participatif et stable dans le même temps.
- Universités globales.
L’ignorance est une des causes de bien des maux de ce monde : la peur, la violence, la vanité.
Pour y remédier, il faudrait que chaque université de la planète développe un site Internet dans lequel elle publierait tous les cours donnés par les enseignants et les chercheurs dans les amphithéâtres, les groupes de travaux dirigés et de travaux pratiques, aux formats vidéo, audio et texte. Chaque cours aurait également un forum animé et modéré par les étudiants en fin de cycle, qui permettrait à n’importe qui de poser ses questions et de débattre avec les autres élèves. Les universités diffuseraient également les conférences données par les spécialistes intervenant sur le campus aux formats vidéo, audio et texte. Tout comme les exposés de thèses, les expériences de recherche et tous les travaux de recherches, gratuitement et sans contrepartie (l’exploitation commerciale serait naturellement soumise à la propriété intellectuelle des chercheurs ou de leurs groupements). Les travaux dirigés et pratiques, ainsi que les examens, donneraient lieu à la seule obligation de présence dans les locaux de la faculté.
Les citoyens devraient être autorisés à créer leurs propres universités virtuelles, en justifiant par exemple de diplômes, de sponsors, ou de pétitions suffisamment larges pour réunir des étudiants assidus.
Toutes ces universités, réelles et virtuelles, seraient ensuite reliées entre elles par des forums, créés et modérés par les étudiants, les chercheurs et le personnel administratif et social. Certains forums seraient privés, d’autres publics, d’autres demanderaient pour y accéder certains diplômes ou expériences professionnelles.
Il y aurait des forums spécifiques à chaque domaine, mais aussi des forums plus ou moins généraux (sciences, arts, mathématiques, lettres, analyse, littérature, fonctions logarithmiques, poésie du 19ème, …). Tous les thèmes seraient abordés, dont la vie étudiante, culturelle, la santé, les démarches administratives, … Il y aurait une pyramide de forums regroupant les universités d’une ville, d’autres regroupant les université du département, d’autres encore regroupant celles de la région, du pays, de l’Europe, du continent, de langue française, anglaise, espagnole, …, et enfin des forums globaux, réunissant toutes les universités de la planète, proposant aux universitaires de débattre sur des thèmes spécifiques, mais également généraux. Cela ouvrirait la possibilité de créer des cours virtuels communs, de même que des groupes de recherche internationaux.
- Un Etat global centraliste décentralisé : une confédération.
Les représentants élus par le peuple se réuniraient publiquement, filmés, enregistrés et diffusés par les médias, pour débattre des grandes questions et voter les décisions à prendre. Les institutions seraient parlementaires. La plus haute instance de décision devrait être une assemblée de représentants des Etats. Les rapports de force seraient équilibrés par le nombre de citoyens représentés par chaque Etat. Le poids du vote de chaque Etat varierait donc en fonction de sa population.
Les domaines de compétence de cette assemblée seraient globaux. L’arsenal nucléaire planétaire, ainsi que toutes les armes de destruction massive et de longue portée serait réquisitionné par l’armée de cette institution, qui deviendrait ainsi, avec des effectifs réduits, surentraînés et apatrides, la plus puissante de la planète.
Sa première mission serait de garantir la paix sur Terre.
Pour ce faire, sa compétence devrait s’étendre à l’économie. Elle pourrait ainsi contrôler directement par l’élection de leurs dirigeants et leur contrôle a posteriori les organismes comme la Banque Mondiale et l’Organisation Mondiale du Commerce. Elle coordonnerait les politiques sociales des Etats pour contrecarrer les déséquilibres occasionnés par l’économie de Marché.
Il lui serait permis de prélever ses fonds sur les flux des échanges financiers, afin de corriger les déséquilibres du niveau de vie des différents Etats.
L’Assemblée Mondiale aurait le devoir d’assumer l’Histoire et notamment la dette des Etats occidentaux envers L’Afrique et les pays pauvres.
Elle fournirait les fonds nécessaires à l’Université Globale évoquée plus haut, tout en impliquant les collectivités locales dans une compétence administrative décentralisée, par exemple pour l’organisation des examens et la modération des forums.
Les débats y seraient contradictoires. Ils seraient divisés en trois temps de paroles.
Le dernier temps de parole serait celui du parti ou du groupe d’Etats majoritaire, chargé de prendre les décisions le plus rapidement et efficacement possible.
Le deuxième temps de parole serait celui de l’opposition, dont le rôle serait de mettre en exergue les disfonctionnements du système et les manquements de l’Assemblée dans ses précédentes décisions.
Enfin, le premier temps de parole serait celui du réseau des citoyens, qui voteraient eux-mêmes au suffrage universel l’ordre du jour, présenteraient les travaux préparatoires aux débats, appuyés par les recherches de l’Université Globale.
- La démocratie participative.
Chaque citoyen de la planète devrait pouvoir accéder au réseau global. Une pyramide de forums s’étalerait, du quartier local jusqu’à l’échelon mondial, avec des sous-divisions spécifiques à certains domaines, mais également des forums généraux. Chaque échelon élirait ses représentants locaux au suffrage universel. Les fonctionnaires, les étudiants et les chercheurs des universités seraient chargés d’organiser les débats et les élections, de modérer les forums et d’orienter les citoyens vers le savoir théorique de l’Université Globale.
Il y aurait des forums dont la consultation serait publique, mais la participation réservée aux élus. Il y aurait également des forums où tout le monde pourrait participer, proposer ses idées et commenter les débats des élus.
Chaque prise de décision, locale, …, étatique, globale, serait l’occasion d’assemblées réelles à trois temps de parole et seraient filmées, enregistrées et diffusées sur le réseau.
Techniquement, les forums Internet devraient présenter le même fonctionnement général à tous les échelons, prévu par la Constitution Mondiale. Mais la réalisation technique de ces forums devrait pouvoir varier selon les échelons locaux et serait régulièrement soumise à un vote pour choisir le logiciel le plus ergonomique et le plus efficace.
Le fonctionnement général serait soumis à certains principes :
- Les chercheurs, les étudiants et les fonctionnaires auraient le rôle d’arbitres neutres, chargés d’assurer le fonctionnement technique des forums, le respect des droits de l’homme au cours des débats et l’illustration de ces débats aux moyen de médias universitaires. Ils devraient s’assurer du classement thématique des préoccupations des participants.
Leurs responsabilités d’administration seraient votées au suffrage universel.
- Chacun serait libre d’apporter aux débats ses sources, ses idées et d’initier de nouveaux sujets s’ils n’on pas été déjà ouverts sur le forum en question.
- Les élus au suffrage universel de chaque forum auraient le rôle de faire la synthèse des différents sujets et de faire transiter cette synthèse à l’échelon supérieur.
- Chaque synthèse devrait donner lieu à un débat contradictoire, avec un espace de réponse prévu pour les opposants et les partisans, suivi d'un vote au suffrage universel.